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Vive émotion aux États-Unis après le décès d’un deuxième enfant guatémaltèque à la frontière

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La mort du petit garçon, arrêté par le service des douanes américain, est survenue le jour de Noël, alors qu’une autre enfant migrante, décédée également aux mains des autorités, était enterrée au Guatemala. Ce nouveau drame intervient alors que Donald Trump a répété mardi qu’il n’envisagerait pas la fin du “shutdown” sans financement d’un mur à la frontière.

Il y a trois semaines, la mort de la petite Guatémaltèque Jakelin Caal, arrêtée avec son père à la frontière mexicano-américaine, avait suscité une onde de choc aux États-Unis. Mardi, tandis que sa famille l’enterrait dans son pays natal, un autre enfant originaire du Guatemala est mort dans un hôpital du Nouveau-Mexique, après avoir été détenu par le Service des douanes et de la protection des frontières (CBP), rapporte le site de la radio américaine NPR.

Selon un responsable du CBP qui s’est confié sous couvert d’anonymat au Washington Postmardi, “l’enfant a été arrêté à El Paso [au Texas] puis amené à des gardes-frontières à un checkpoint au Nouveau-Mexique, car les cellules de détention d’El Paso étaient déjà pleines”. Selon l’officier, la cellule dans laquelle a été placé l’enfant est de petite taille et est généralement utilisée pour détenir un adulte pendant quelques heures, le temps de traiter son dossier. Elle “n’est pas adaptée à la détention de familles” a précisé la source du Washington Post.

“Six Guatémaltèques sur dix vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté”

Tombé malade, l’enfant a été transféré, avec son père, dans un hôpital du Nouveau-Mexique, où il est décédé. Mardi, l’American Civil Liberties Union, une influente organisation américaine qui milite pour la protection des droits civiques, a appelé le nouveau Congrès américain récemment élu à lancer une enquête visant le département de Sécurité intérieure américain (qui comprend la CBP), rapporte la chaîne d’informationNBC News.

Comme la petite Jakelin Caal, l’enfant décédé était originaire du Guatemala, un pays dans lequel “six Guatémaltèques sur dix vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté”, poussant “des familles entières à quitter la région de leurs ancêtres pour de meilleures perspectives aux États-Unis”, rappelle El Pais.

Des structures “qui n’ont pas été conçues pour accueillir autant d’enfants”

La mort du petit garçon guatémaltèque intervient alors que les États-Unis sont paralysés par un quatrième jour de “shutdown”, la fermeture partielle des administrations. Donald Trump a campé sur ses positions mardi en rappelant qu’il n’y mettrait pas fin sans financement du mur à la frontière. “Rien n’indique qu’il puisse y avoir un lien entre le shutdown et la mort de l’enfant” note le Los Angeles Times. “Les salariés des services des douanes sont considérés comme des employés essentiels qui ont l’obligation de continuer de travailler” même pendant ce type de blocage, explique le quotidien californien.

Mais, comme le souligne le New York Times, ce deuxième décès d’un enfant migrant aux États-Unis “amène à interroger la capacité des agents fédéraux à soigner les détenus qui tombent malades dans des centres de détention surpeuplés à la frontière”. Ces structures “n’ont pas été conçues pour absorber autant d’enfants, ce qui pose aujourd’hui problème aux personnes chargées de s’occuper des familles de migrants”.

Noémie Taylor-Rosner

Courrier international