TER du Sénégal : Non transfert de Technologies, à qui la faute ?

0
Macky lors de sa visite du site Alstom de RReichshoffen

« Donnez à un homme un poisson, et il pourra manger pendant une journée. Donnez-lui une canne à pêche, et il pourra manger et nourrir toute sa famille tant qu’elle durera. Aidez-le à acquérir les connaissances et les moyens nécessaires pour améliorer cette canne à pêche et pour en dessiner et en produire une meilleure, et il pourra manger et nourrir toute sa communauté pendant de nombreuses années. » Ces phrases écrites sur le site de l’OMPI (organisation mondiale de la propriété intellectuelle) résument parfaitement ce que nous voulons dire sur ce présent article.

A l’heure où les nations émergentes exigent a leurs centres universitaires et de recherches, la mise en place de cellules stratégiques composées de chercheurs, de stratèges, d’ingénieurs triés sur le volet, travaillant étroitement avec leurs entités de renseignement et leurs entités de défense nationale pour accéder à des produits et des savoirs-faire techniques détenus par leurs homologues développés et ce par tous les moyens nécessaires (légaux comme illégaux) , le Sénégal un pays pauvre et lourdement endetté avec un plan d’émergence, refuse de son propre gré, d’exiger l’équité commerciale et ainsi acquérir de manière légale les connaissances nécessaires pour améliorer sa canne à pêche afin de nourrir sa population pendant des années.

Il est à noter que dans les grandes universités et écoles du monde, des centaines de chercheurs, d’ingénieurs technico-financiers sénégalais y sont formés tous les ans avec des compétences allant des sciences fondamentales aux technologies les plus émergentes. Ces Sénégalais sont tellement brillants et remarquables (de par leur intelligence et de par leur ouverture d’esprit,) qu’ils marquent à jamais leur passage légendaire dans les plus grands groupes industrialo-financiers du monde. N’est-il pas temps que L’État du Sénégal accorde une importance aux transferts de technologies dans ses clauses contractuelles avec les grands groupes étrangers si ces perles rares préfèrent exceller à l’étranger que dans leur pays ? N’est-il pas normal que l’État du Sénégal exige une équité dans ses échanges commerciaux face à ces grands groupes, s’il n’existe aucun organisme, ni cercle de réflexion indépendant avec des valeurs patriotiques de ses fils savants qui auront leur mot à dire et ainsi challenger les projets technico-financiers de leur pays en général et ceux du PSE en particulier ? Est-il normal que l’État du Sénégal se montre si fébrile et sous-estime ses fils savants au point de se tourner vers l’étranger aux moindres difficultés techniques à échelle nationale? Pourquoi n’y-t-il pas un concours national à l’instar de l’ENA pour l’intégration des technico-scientifiques dans la haute sphère stratégique de L’État ou aucun appel international à la candidature de poste pour la direction des agences technico-scientifiques du pays ?

Le fameux tuyau en Y de Kër Momar Sarr où il fallait attendre des experts venus d’ailleurs pour solutionner le problème et ainsi ravitailler les millions de sénégalais de la capitale en eau, n’est-ce pas là une humiliation pour tout un peuple et un déshonneur pour tout expert sénégalais quel que soit son domaine de compétence ?

N’est-il pas normal que l’état du Sénégal signe des contrats de milliers de millions d’euros à l’étranger si aucun entrepreneur sénégalais ne s’est indignée quand des membres du gouvernement affirment publiquement qu’il n’existe aucune entreprise locale capable de réaliser un bâtiment à deux niveaux avec de l’aluminium et du verre de très mauvaise qualité en temps et en heure qui est le centre de conférence Abdou Diouf ?

Nous technico-scientifiques, le cas du TER doit définitivement marquer la fin de notre passivité si dégradante et de notre silence si pesant qu’on aurait l’impression d’être dans un réseau international de proxénétisme intellectuel dont le gourou ne serait personne d’autre que notre état et non notre État.

En attendant d’avoir le courage et le patriotisme nécessaire pour se libérer de cette exploitation intellectuelle, saluons le courage et le patriotisme de ceux qui les ont déjà eu quel que soit le prix et ainsi suivirent les pas de notre vaillant savant Cheikh Anta Diop qui lors de sa soutenance de thèse de doctorat répondait à propos de son avenir aux membres du jury sans complexe et sans rouler de « R » : « Je rentre définitivement pour participer à la formation des cadres de mon pays ».

Abdoul Ahad NDIAYE, Ingénieur Consultant en Industriel et NTIC lahadndiaye66@gmail.com