Samba Dia – Le médecin-chef de district de Dioffior «sanctionné» pour avoir dénoncé un cas de pratique illégale de la médecine

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Dr Mama Moussa Diaw, médecin-chef de district de Dioffior, qui a dénoncé le chef de poste de santé de Samba Dia pour exercice illégal de la médecine, l’a appris à ses dépens. Il a été «relevé de ses fonctions» et «muté» par le ministre de la Santé et de l’action sociale. Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) exige sa réhabilitation et décrète 72 heures de grève pour protester contre la décision.

Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) est très remonté contre Awa Marie Coll Seck. Les syndicalistes fustigent la gestion par la tutelle de l’affaire Abdou Gackou, du nom de cet agent sanitaire, chef de poste de santé de Samba Dia, pris en flagrant délit de pratique illégale de la médecine. Les médecins ont fortement dénoncé l’attitude de Awa Marie Coll Seck, qui au lieu de féliciter leur collègue Mama Moussa Diaw pour avoir dénoncé Abdou Gackou aux autorités administratives et judiciaires pour pratiques illégales d’échographies obstétricales, a préféré sanctionner le médecin-chef de district en le relevant de ses fonctions. Pour le secrétaire général du Sames, Awa Marie Coll seck cautionne la pratique illégale de la médecine. Pourtant, rappelle-t-il, récemment le ministère de l’Intérieur, à travers une lettre circulaire, avait demandé aux gouverneurs de région de prendre des mesures pour faire cesser toute activité irrégulière d’exercice de la médecine. Le Sames, qui dit ne pas comprendre l’attitude de la tutelle, observe une grève de 72 heures depuis hier en guise de protestation. Il exige d’ailleurs le rétablissement de leur collègue dans ses fonctions et promet de se radicaliser si le ministère ne réagit pas dans le sens qu’il souhaite.

Le Sames décrète 72 heures pour protester contre la décision
L’histoire remonte en 2015 lorsque le médecin-chef de district de Dioffior avait saisi le préfet, le commandant de brigade de la gendarmerie de Fimela, le sous-préfet et le procureur du Tribunal de Fatick pour signaler les agissements du chef de poste de Samba Dia, qui «procède aux pratiques d’échographies obstétricales sans en avoir les compétences». Dr Boly Diop informe que le sieur Gackou n’a jamais cessé ses activités malgré la mise en demeure du sous-préfet dans une lettre frappée du sceau de la confidentialité révélée à la presse. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est le faux diagnostic qu’il fait sur une dame de 24 ans, qui a été reçue aux urgences du Centre de santé de Dioffior pour «suspicion d’avortement» avec un traitement «sans succès», précise Dr Boly.
Après investigation, il s’est avéré que cette femme avait été prise en charge par l’agent sanitaire au poste de Samba Dia. En fait, révèle le secrétaire général du Sames, il s’agissait d’une femme «porteuse de grossesse extra-utérine qui n’était pas loin de la rupture». Informé, le commandant de la brigade de la zone procède à l’arrestation de l’agent sanitaire le 23 novembre dernier avant de le transférer à Fatick à la fin de sa garde à vue sur instruction du Procureur, qui s’est saisi de l’affaire d’après les explications des médecins. La note d’information indique en outre que pour la suite de l’enquête, le médecin-chef de district de Dioffior et le gynécologue ont été entendus comme témoins par la gendarmerie de Fatick.
Mais contre toute attente, s’insurgent les médecins, «le cabinet ministériel s’est immiscé dans l’affaire pour tenter de faire libérer le délinquant». En guise de récompense, ironise Boly Diop, le ministre de la santé a muté le 25 novembre leur camarade, Dr Mama Moussa Diaw qui lui n’a fait que protéger les populations surtout dans un contexte de mortalité maternelle et infantile encore très élevée.
L’Ordre des médecins du Sénégal s’est constitué partie civile dans cette affaire. Le procès initialement prévu le 30 novembre a été renvoyé au 28 décembre prochain.

Source: Le Quotidien