A moi, Procureur, deux mots… Par Adama Gaye

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Votre récente phillipique, menace, contre celles et ceux qui disent du mal des magistrats est très mal venue, sachez-le.

Quand nous nous battions pour imposer et obtenir l’élargissement des libertés publiques, démocratiques, y compris d’expression, nul ne sait où vous étiez ni celui qui preside le Conseil Supérieur de la Magistrature.

Ces libertés sont incompressibles, indivisibles, irréductibles, définitives. Nous y tenons comme à la prunelle de nos yeux.

Si les magistrats, et de manière générale, la justice, ne veulent pas qu’on parle d’eux en mal, ils savent ce qu’il leur reste à faire: servir une justice au dessus de tout soupçon, s’écarter des privilèges souvent matériels et indus dans un pays où la pauvreté est le plus grand denominateur commun, et, surtout, éviter de donner l’impression de faire partie d’une justice qui, a tort ou à raison, n’inspire pas confiance.
Pour commencer, en tant que Procureur de la Republique, on vous attend vainement sur ce qu’il y a lieu d’être fait pour sanctionner SallCapone et ses acolytes, tous les brigands.

Tant que nous, Sénégalais, ne seront pas satisfaits et rassurés concernant notre justice, nous userons, jusqu’à en abuser, des droits fondamentaux que la Constitution nous donne.

Le monde entier est averti.

Nous paierons le prix qu’il faut pour la preservation de nos libertés.

N’est pas encore né celui qui va les brider ou les supprimer par la menace.

Epargnez-vous les propos comminatoires, coups d’épée dans l’eau, et allez à l’assaut des brigands qui vous entourent dans cette République vampirisée, ou vous ont nommé la ou vous êtes.

Si vous faites votre travail, vous gagnerez notre respect. Mais la confiance ne se décrète pas, elle se MÉRITE. Pas par des coups de menton ou de gueule.
No Passaran, Proc !
Comme dirait Socrate, connais-toi, toi-meme, et les wolofs, qui disent: Khamal Sa Bopp, Khamal Sa Palaaaace.

Nous ferons face…que ce soit clair, Wassalam.

Adama Gaye

Journaliste et CEO NewAfrica