Procès Khalifa Sall : Quid de la Volte-face à propos de la présidence de l’audience ?

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À la veille du 2ème jour du procès de Khalifa Sall, on nous a annoncé que le juge Magatte Diop a reculé de juge en assesseur. On doit chercher à savoir qui choisit les magistrats pour juger de telles affaires politico-judiciaires. Y a-t-il des critères pour désigner qui préside un procès au Tribunal ? Les juristes ont ce devoir d’information vis à vis des populations qui s’intéressent à cette affaire. Le magistrat El Hadj Malick Lamotte semble être un chouchou de Sidiki Kaba qui était chef de la chancellerie au début de l’affaire Khalifa Sall, au vu d’une précédente nomination en tant que directeur de cabinet de l’ex-ministre de la justice pour une fonction internationale (à la CPI). Je pense aussi que Sidiki Kaba ait été écarté de ce ministère au vu des tensions qui l’ont opposé à l’actuel président de l’UMS contre qui, il a voulu ouvrir une procédure disciplinaire suite pratiquement aux critiques du même ordre que celle de Ibrahima Hamidou Dème, ancien membre démissionnaire du CSM.

Les doutes demeurent vis à vis de l’indépendance DU magistrat Lamotte tant qu’il est resté, comme cité par Pape Alé Niang, participant au tête-à-tête entre Macky Sall et une poignée de magistrats au palais, sans réaction de sa part. Le magistrat Magatte Diop était le plus jeune des 5 juges ayant condamné Karim Wade avant son exil au Quatar avec un passeport devant expirer 24h après. Il a semblé reculer peut-être pour sauvegarder son avenir (carrière) sachant l’échec cuisant qu’il a dû essuyer en tant que président de l’UMS en 2 ans non renouvelés par ses collègues. Ses collègues magistrats dont je suis convaincu que la majorité est prête à se battre pour l’indépendance de la Justice. Mais à condition qu’elle sente que l’opinion publique joue pleinement son rôle d’arbitre dans leur noble combat, en ayant l’audace individuelle de donner leur avis en toute vérité après s’être informé sur l’affaire et toute autre aussi médiatisée.

Seulement le magistrat Magatte Diop demeure assesseur au procès de l’affaire Khalifa Sall, accusé avec 7 de ses collaborateurs, de détournement de derniers publics (bêtement [30 millions x (5 ans soi-disant d’enquêtes par IGE × 12 mois + 1mois pour la crédibilité du montant annoncé)] soit 1’830’000’000 Fcfa) par Macky Sall, étant l’ordonnateur (par téléphone selon l’ancien procureur de la CREI Alioune Ndao) des poursuites faites par le procureur Serigne Bassirou Gueye. On oublie souvent de citer les co-accusés de Khalifa Sall qui sont pourtant à égale dignité humaine avec ce dernier tellement que cette affaire est éminemment politique et politicienne. Mais il est important de les citer parce qu’il est impossible de condamner Khalifa Sall sans les inclure dans l’affaire comme complices étant donné qu’ils sont directement ou indirectement gestionnaires de ces fonds dont tous anciens maires de Dakar s’accordent à dire que ce sont des fonds politiques.

On ne connaît pas exactement les responsabilités d’un juge vis à vis de celles d’un assesseur dans un même procès mais il faut rester sur nos gardes tout en espérant un sursaut d’honneur de la part du président du procès Malick Lamotte afin que la magistrature puisse lever sa tête qui reste honteusement courbée devant l’opinion publique. Une opinion qui ne cesse de juger les magistrats comme étant dépendants de l’exécutif ou influencés par ce dernier dans toutes les affaires judiciaires ayant un impact direct ou indirect sur la politique du président de la république, influence générée avant et après les affaires jugées par des promotions comme récompense ou des affectations rétrogradant comme punition.

Il est aussi important de signaler encore qu’il y a effectivement malaise au niveau de ce changement de rôles entre Diop et Lamotte lorsqu’on sait que le magistrat El Hadj Malick Lamotte est aussi le juge du procès Imam Aliou Ndao avec une dizaine ou une vingtaine de jeunes à propos d’accusation et d’apologie fallacieuses et infondées de terrorisme dit “islamiste” dont certains journalistes tentent crédibiliser par des articles mensongers et souvent sans signature ni sources. Le procès de l’Imam Aliou Ndao et compagnie est repoussé jusqu’au 14/02, celui de Khalifa Sall et compagnie au 23/01 (vous m’excusez de l’usage du terme “compagnie” chargé de prévenus” bouc-émissaires à égale dignité humaine avec les 2 personnalités visées). Comment un seul jeune juge peut-il endosser de juger de tels procès dont l’ensemble de la trentaine de prévenus ont tous été arrêtés et emprisonnés sur base de considérations arbitraires ? Pourquoi accepter des procès de groupes de personnes au lieu d’un procès pour chaque prévenu jouissant de présomption d’innocence sans aucun doute vis à vis des faits reprochés ? Sur quelle base légale, un simple magistrat peut juger autant de prévenus à égale dignité humaine dont la condamnation de chaque groupe est favorable à la volonté politique du président de la république qui a nommé ce magistrat précédemment à un poste politique (directeur de cabinet du ministre Kaba à sa fonction à la CPI) pour éviter un adversaire politique et faire croire à la “communauté internationale” qu’il combat le terrorisme pourtant inexistant malgré le fait qu’il tente de le générer vainement au Sénégal par ses discours ? Ils sont en train de jouer avec le gage de stabilité de toute nation : LA JUSTICE !

Le combat pour la Vérité continue !

Aboubakrine Ndiaye
Citoyen sénégalais