Mémorial du Tribun de Tivaouane

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Il est né avec l’image du Sceau de la Sainteté Aboul Abass Ahmada Tijani (rta), a grandi avec la grâce du Sceau du Califat Seydi Aboubakar Sy (rta) et a fait de la doctrine du Sceau de la Prophétie (saw)  le centre de rayonnement de sa mission, et ceci jusqu’à sa disparition un soir de mercredi 15 mars 2017. Voila pourquoi Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy ne cessera de fasciner  ou même de séduire ceux qui sont comme imbus de sa profonde philosophie. Fils de Serigne Babacar Sy (rta) et de Sokhna Astou Kane, il a très tôt assimilé l’intégralité des sciences islamiques-dés l’âge de 14 ans-. On lui connait des maitres eux-mêmes évoluant dans la Cour de son père à l’image de Serigne Alioune Gueye ou encore Serigne Cheybatou Fall. Tribun, poète, penseur, homme d’affaires, homme politique, catalyseur social, guide religieux, orateur au verbe sublime et à l’éloquence légendaire, idole d’une génération de 7 à 77 ans, jamais parcours n’a été aussi atypique.

L’opinion publique, catalyseur des agissements souvent inquiétants du commun des mortels, rebutait sa conception des choses. C’est simple : Sa loi à lui, dont la noblesse est d’une authenticité rare, s’élève au dessus des lois sociales. Et c’est ce qui justifie le fait qu’il n’avait été compris par la conscience collective qu’après qu’il  eut pris un bail pour la postériorité. L’évocation de ses propos d’il y’a prés d’une décennie-et encore qu’il s’agissait d’une répétition puisque la première date de prés de 40 ans- mettant en exergue une nécessité de laver ce pays en est une parfaite illustration.

En Ce Qui Concerne La Portée Mystique De Son Discours…

Après une absence de 7 années sur la scène publique (de 1988 à 1995), Al Maktoum ressurgissait, tout de blanc vêtu, devant un public dont un grand nombre tombait en transes, pour une communication s’apparentant à un voyage dans l’univers insondable du mysticisme, là ou, dit-il, « le respect de la consigne évoquée par le divin règne en maitre. », ces anges du ciel qui méconnaissent la corruption et le chantage. Ce fut le début d’une aventure passionnante qui eut pour empreintes l’œuvre du divin, la contribution de son Prophète (psl) et celle des hommes d’action au niveau intellectuel et à la dimension spirituelle remarquables.

Il ne suffit pas de s’aventurer dans les universités les plus réputés du monde arabe pour avoir une appréhension correcte du discours de l’homme à la djellaba. C’est parce que chaque élément évoqué est comme laissé à lui dans un labyrinthe ou l’auditoire cherche une issue, et semble souvent la trouver jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’elle s’est engouffrée  dans une voie inconvenable. Prenons l’exemple de ses propos du Gamou 2009 aux Champs de Courses de Tivaouane. Quand l’Homme de Dieu évoque le fait qu’il ne faut guère dissocier le Chiffre 8, parce que séparer par exemple 4 et 4 peut être source d’apocalypse. Il ne s’agit là point de formulation scientifique-et donc pas mathématique-, mais plutôt du fait que les Noms « Allah » et « Mouhamad » comptent chacun quatre lettres en arabes, et qu’ils demeurent indissociables. Autrement dit, le créateur est un passage obligé pour qui souhaite accéder mystiquement au fils d’Abdallah et d’Amina et vice versa.

Contre Les Tares De La Crise De Logique

La philosophie de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy a ceci de particulier : elle a permis une identification parfaite et nette de la crise de logique qui sévit dans l’intelligentsia. Cette crise qui fait qu’un universitaire ayant accédé aux amphithéâtres les plus réputés de son fief puisse véhiculer une conception que rebute le bon sens. Et l’Imam Cha Fi I d’opérer une mise en garde, en ce qui concerne sa faculté à user de son savoir : « Mon savoir m’habite (…) il est plus proche de moi que ma bibliothèque ! » Le plus grave, c’est que ce mal a pour conséquence un verbiage incessant, celui là qui fit dire au natif de la vieille ville et non moins fils d’Ababakar Sy (rta) : « Les gens sont bavards parce qu’ils ne bénéficient pas du privilège qui fait que l’on puisse transformer ses idées en plusieurs signes que l’on couche sur du papier. Ils n’arrivent pas à écrire. Et quand on n’écrit pas dans le cadre d’une société contemporaine, on ne réfléchit pas assez. Et quand on ne réfléchit pas assez, la parole qui était autrefois sacrée devient banale. » Et malgré cela, quelques rares apprenants ont eu le courage de s’emparer d’une plume…encore fallait-il qu’ils « couchent sur du papier des idées sensées », puisque quelques « consciences perverties », celles là que Seydil Hadj Malick Sy (rta) considéra comme capables de culpabiliser l’innocence, ont fini par faire perdre à la plume sa valeur d’antan.

Pour Une Prise de Responsabilité du Guide Religieux

Dans ce domaine, le comble est qu’il fut le premier à dénoncer les tares de l’obscurantisme religieux. Chez lui, toute forme caricaturiste est bannie. Il n’hésita pas à montrer à d’aucuns que l’islam n’a guère de tenue, notamment en s’habillant à l’occidental. Pour celui qui considéra le mot «marabout » comme une expression berbère sinon barbare, le terme « chef religieux » sonne comme un sobriquet des plus exécrables-« En religion il n’y a pas de chef ! », rétorqua t-il dans son discours du Gamou 2007 à Tivaouane-, il y’a lieu de soulever un équivoque dans ce domaine. Le guide au vrai sens du terme, c’est celui qui, en son image et à l’instar de ses précurseurs, s’est engagé à mener ses condisciples-encore un terme qu’il a préféré au mot «disciple»- vers la voie du salut. Et Serigne Babacar Sy (rta) de préciser : « J’ai appris à mes disciples à connaitre et à suivre l’éternel.» Une conception qui n’a rien à voir avec ce qu’on considère comme devant être le reflet de l’œuvre de « Serigne Si » (la classe maraboutique), condamné à rester éloigné des sphères ou se prennent les décisions qui précédent aux destinées de ce pays. Précision tout  aussi ridicule dans une religion qui vénère un Chef de Guerre de la trempe de Mahomet (psl), l’un des stratèges et chefs politiques les plus efficaces de tous les temps. Vola pourquoi  la seule et unique référence de Serigne Moustapha SY, Responsable Moral du Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty , s’est engagé dans la vie associative, avec l’Association pour l’Education islamique, la vie diplomatique en tant qu’Ambassadeur pour le compte de son pays au Caire, la vie politique avec la création du P.S.S , la vie économique avec l’exercice de plusieurs métiers avant qu’il ne soit à l’origine de l’implantation de la Sococim.

Un Destin Poétique !

Déjà à l’âge de 16 ans, Al Maktoum publia son premier ouvrage intitulé « Les Vices des Marabouts ». Il s’ensuit d’autres dont « le Calif et les Califs », « Poches Trouées », ou encore « l’Inconnu de la Nation Sénégalaise Seydil Hadj Malick Sy».

Le fameux « Fa Ileyka » est une parfaite illustration de la capacité remarquable d’Al Maktoum d’évoluer dans le domaine de l’expression du beau idéal. Jamais un poème rédigé dans la langue du ciel n’a été d’une profondeur et d’une inspiration aussi extraordinaires.  Elle nous conte le parcours du «point diacritique » (« Nouqtatou Tawhiid » en arabe), représentant cette lumière dont  on commémore annuellement la venue sur terre dans la ville sainte de Tivaouane, et qui se prosterna avant même la création (« qablou bi ouchi hà-équivalent du dernier vers du « Taissir » de Seydil Hadj Malick Sy qui précise « Qablal Warà FA Ala »), représenta l’ombre de son seigneur (« bastatoul khatt »). En effet, la lumière de ce même point fut illustrée aussi bien dans la Thora que dans la Bible (« Touwiyate Bi tawràtil Kariimi Wa Wouriyate Bi Makàminile Indjili Lirrouhbàni »), mais c’est dans le Saint Coran qu’elle fut elle même-aussi bien la lumière que la lettre- présentée sous sa forme la meilleure (« Wa Ata Bihà SabOule Massàni Ashoumane »).

Aujourd’hui, il convient de souligner l’interrogation la meilleure. L’heure n’est pas à l’évocation d’éloges et de témoignages gratuites, mais plutôt à une exigence pour le peuple de revisiter son œuvre. On le cite comme un universaliste. Mais l’assertion ayant pour source son dernier discours, tenu à Tivaouane en 2011, revêt le cachet d’une dimension inter-universelle : « Le conservatisme est mort. Le modernisme est dépassé. Il y’a une autre dimension, et elle nécessite une formation de l’individu visant un équilibre entre âme et intuition. » Le fait qu’il cite aussi bien les réalités d’ici bas que ceux qui ne sont plus de ce monde, ou encore les forces de l’autre galaxie, en dit beaucoup sur cette perception des choses.

Seule la volonté demeure la faculté portant en elle le germe de l’équilibre de la vie sur terre, et aussi celui tant voulu au Sénégal. Que l’on soit de confession chrétienne, musulmane ou juive, il n’y a d’action rénovatrice qui ne puisse servir sans que son auteur ne s’engage à fournir les efforts nécessaires. Après tout, le ciel reste ce « spectateur » qu’Al Maktoum cite ainsi : « Il a jusque là assisté à toutes les catastrophes du monde. Il a assisté aux guerres, aux paix et à la chute de toutes les divinités.»

Maam Cheikh

1 COMMENT

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