Immigration : Macron veut expulser plus et plus vite

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Où est passé le Macron si humaniste qui louait la politique d’accueil de la chancelière Angela Merkel ? Tous ceux qui critiquent une politique jugée répressive aujourd’hui à l’œuvre ont-ils fantasmé un excès d’humanité chez le président de la République ? Ou celui-ci a-t-il remisé sa promesse une fois entré à l’Elysée et confronté aux « contraintes » du pouvoir ?

Depuis son entrée en fonctions, Emmanuel Macron n’a cessé de marteler cet objectif, s’attachant à toujours distinguer réfugiés politiques et migrants économiques. « La question n’est pas au cœur de l’agenda, mais il y a dans l’opinion une inquiétude réelle sur les flux migratoires, une demande de protection et de fermeté. Le couple exécutif a pris conscience de cette sensibilité », analyse Jérôme Fourquet, sondeur à l’Ifop.

Expulser plus et plus vite

De fait, ce qu’on sait du projet de loi « immigration » qui sera présenté en avril prochain en conseil des ministres ne laisse plus vraiment de place au doute. L’idée générale se résume à expulser davantage et plus vite et… en même temps à améliorer l’intégration de ceux qui auront obtenu l’asile politique. « Aujourd’hui, que vous ayez ou non l’asile, ça ne change rien. C’est cela qu’on veut changer. Pour une partie de ceux qui sont déboutés, il faut qu’il y ait des retours », indique à « l’Obs » le député LREM Aurélien Taché, chargé d’une mission sur l’intégration.

D’après les éléments sortis dans la presse, le premier volet du projet de loi concerne l’asile et vise à réduire les délais de traitement des demandes à six mois maximum contre quatorze aujourd’hui. Un deuxième concerne les procédures d’éloignement des déboutés du droit d’asile. « Aujourd’hui, on ne demande pas à quelqu’un qui vit en France depuis deux ans de repartir dans son pays et on a perdu du temps pour l’intégrer », constate Aurélien Taché.

D’après les chiffres du ministère de l’Intérieur communiqués au « JDD », sur 91.000 étrangers en situation irrégulière interpellés en 2016, 31.000 se sont vu délivrer une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et moins de 25.000 l’ont effectivement quitté. Pour augmenter les expulsions, le ministère de l’Intérieur songerait donc à doubler la durée légale de rétention – 45 jours – dans les centres de rétention administrative.

L’OBS