Ferme Factory : Une téléréalité sur RTS pour inciter la jeunesse à renoncer à l’immigration “clandestine”

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C’est sur la 2 (1ère chaine publique française) que la promotion de l’émission “Ferme Factory” est faite. Elle présentée comme une téléréalité à l’instar de celle nommée “L’amour dans le pré” en France mais plutôt tel qu’un recours contre l’immigration “clandestine”. Au Sénégal, où 50% des jeunes sont au chômage, un producteur de télévision a eu une idée originale pour donner envie aux jeunes de rester dans leur pays : envoyer une dizaine d’entre eux dans les campagnes et les initier aux travaux de la ferme, disent-ils.

C’est dans une ferme moderne à 3 heures de Dakar, au Sénégal, que l’émission est enregistrée. Un show télévisé pour les jeunes, qui se veut une réponse à l’immigration clandestine. “Ferme factory” est prévu d’être diffusé toutes les semaines en prime time sur la télévision publique sénégalaise, la RTS. L’émission prône aux jeunes Sénégalais l’entreprenariat par la culture des terres plutôt que de quitter le pays au péril de leur vie. Ils sont 32 candidats âgés entre 20 à 35 ans. Ils s’affrontent à travers des travaux agricoles dans la ferme.

Récompense à la clé : une ferme moderne tout équipée

La chaine française informe que quelques-uns des candidats ont même tenté d’émigrer clandestinement vers l’Europe. C’est le cas pour le candidat Aliou Seck qui a aussi multiplié les petits boulots à Dakar, et tenté de partir à deux reprises. Tous les candidats ont suivi une formation de six mois pour apprendre les différents métiers de l’agriculture. À la fin du jeu, dans trois mois, l’équipe victorieuse gagnera une ferme moderne tout équipée.

C’est une initiative à saluer dans le sens où elle intervient pour apporter un besoin au pays. En ce sens qu’il est rare de voir des jeunes au Sénégal pour réussir leur vie d’avoir comme métier cultivateur de champs ou agriculteur. Ce sont des métiers rares à cause de l’exode rurale causé aussi par le manque de politique agricole cohérente et pertinente qui aide vraiment ceux qui héritaient traditionnellement de leur famille de ce type de métier. Les études pour devenir bureaucrates sont plus plébiscités au Sénégal que tout autre métier et malgré cela une infime partie des populations est employée par l’état ou dans les services bureaucratiques.

C’est une émission novatrice mais suffira-elle pour garder la jeunesse au Sénégal s’il n’a pas une politique qui puisse accompagner cette volonté en aidant vraiment la jeunesse ? Il est aussi bien beau de mettre sous les projecteurs ce type d’idées dans les pays occidentaux qui crient souvent “ne pas pouvoir accueillir la misère du monde” alors qu’elle est causée en majorité par leurs autorités qui ont toujours par exemple une emprise sur les économies et les politiques des pays anciennement colonisés par la France. L’idée est novatrice mais la solution définitive à l’immigration dite “clandestine” est ailleurs.

La Rédaction