Dépendance effective de l’indignation africaine

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Un média occidental a parlé 1 fois “d’esclavage en Libye” et c’est devenu un débat 24h/24 en Afrique. Pourtant, des voix de presse africaine en parlaient tous les jours à travers des reportages, des émissions, des articles, etc. mais à cela, les africains qui se sont indignés le week-end dernier, n’y accordaient que peu de crédit.

Il y a eu par exemple une vidéo (filmée par un homme parlant arabe) où on voyait des migrants naufragés se noyer en tentant de monter sur un paquebot où se trouvait celui qui filmait. Il y avait aussi une vidéo aussi où on voyait un vieil adulte subsaharien se faire lyncher sous menace d’armes par des libyens. Plusieurs jeunes africains ont raconté aussi leur traversée de la Libye en décrivant des scènes inhumaines. Aucune autorité ne bronchait ou ne réagissait non plus chez nous, étant les causes même de ses conséquences.

Pour l’affaire Petrotim par exemple, il suffirait que rfi, france24 ou tv5 en parle 1 fois pour que cela devient un débat public H24 parce que dans notre subconscient inconscient (collectif) d’africains, les habitudes y ont gravé que la vérité sonne “blanc” malgré le fait que ces médias occidentaux nous mentent tous les jours pour permettre à leur pays par exemple de détruire Afghanistan, Irak, Libye et Syrie, la dernière en date, d’exploiter nos pays et leurs ressources, de choisir pour nous nos dirigeants, manipuler continuellement les masses, etc.

Le degré d’indignation en Afrique dépend en somme de qui nous informe d’une tragédie. C’est les mêmes réactions extrapolées, même si à juste titre, qui sont constatées chez nos ancêtres lorsque les colonisateurs avaient introduit les boissons et les bonbons dans les colonies africaines les premières fois. Et pourtant divers arbres fruitiers offraient diverses et meilleures saveurs “sucrées” que celles de boissons et de bonbons aux peuples africains. “Le défaut des nègres demeure le fait de vouloir rester comme des éternels colonisés” nous indique Al Maktoum. Ce défaut, à combattre impérativement, peut être constaté dans les moindres faits et gestes de nos dirigeants et des peuples africains avec très peu d’attention.

Par ailleurs, on peut faire tout ce qu’on veut comme dénonciation mais là où il faut frapper en 1er lieu, ce n’est pas la Libye (un pays pillé et déjà mis en pièces par les occidentaux avec la complicité de locaux, un pays sans vraie autorité). Là où il faut frapper, c’est au niveau des autorités des pays quittés par les migrants et des pays que les migrants cherchent à rejoindre parce que ce sont elles les vraies criminelles pilleuses des pays dont les migrants sont originaires.

Aboubakrine Ndiaye
Citoyen sénégalais