Aviculture : une fierté menacée par les APE ?

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Le Sénégal est un leader dans le secteur de l’aviculture en l’Afrique de l’Ouest. Ces industries sont en nettes croissances et commencent à se développer surtout dans la sous-région, rien que le groupe Sedima fait un chiffre d’affaires de 15 Milliards. Outre la production de poussins et d’aliment de volaille, les jeunes se lancent aujourd’hui dans ce secteur, les poulaillers foisonnent un peu partout dans la zone des Niayes et tendent vers des carrefours ou la demande est constamment en hausse (Touba). Ce secteur génère chaque année plus de 130 milliards de FCFA (en 2011) , il est une véritable source d’emplois et une alternative face à la surconsommation de produits halieutiques qui se raréfient progressivement, l’aviculture sénégalaise vise de jouer le même rôle que la pêche.

Cependant avec les APE, ce secteur risquerait de connaitre, une grave crise sans que les acteurs ne soient préparés à y faire face. La suspension des exportations de riz pour favoriser l’écoulement du riz local sur le marché pouvait être une solution afin de protéger ce secteur, ce qui est impossible dans la mesure où la règle de libre circulation des produits de l’UE dans nos pays devenait effective, et en plus, il n’y a pas une saison d’arrêt même si l’on note des périodes de productions à forts taux et à bas taux. Les producteurs font toujours des efforts sur le poids et la qualité des produits, ce qui n’est pas toujours aisé si l’on sait que c’est un secteur qui est toujours dans l’informel malgré le nombre d’emplois qu’il crée (50.000 emplois directs et indirects). La majorité des jeunes le font hors des espaces ruraux ou des champs (maisons et en villes) et aussi d’une façon irrégulière (Korité, Tamkharite, Noël et 31 décembre).

Il est difficile aujourd’hui de faire face aux produits de l’UE sur le domaine qualitatif et le poids aussi, peut-être au niveau du prix. L’autre difficulté se trouve dans la transformation des produits avicoles. Le Sénégal est toujours en retard dans ce domaine. Les pâtés, les mayonnaises et autres dérivés provenant de la viande de volaille sont presque inexistants. Ce qui sera un handicap non-négligeable dans les années à venir si on prend en compte les habitudes alimentaires des Sénégalais. Les APE devraient être discutés par tous les acteurs, de tous les secteurs pour pouvoir peser le pour et le contre ; ce qui n’a toujours pas été le cas.

Alou Niang

alassaneibraniang@yahoo.fr