Après les jeunes, les notables et religieux refusent la cession de 10.000 ha à une société marocaine

0

Le dossier brûlant de 10 mille hectares de terre octroyés à une société marocaine est loin d’être classé. Ce, malgré la sensibilisation menée sur l’importance du projet rizicole. Après les démarches menées par l’Etat sans succès auprès des populations, des imams et chefs de villages des localités impactées se mobilisent.

Malgré de multiples négociations, la tension ne baisse pas dans l’affaire des dix milles hectares de terres octroyées à une société marocaine à Dodel et Démette. On assiste à un véritable marquage à la culotte entre les autorités étatiques et les responsables des localités impactées par le projet. En effet, après le forum d’informations organisé par le maire de Dodel, les imams et chefs de village se mobilisent contre le projet.

Selon Mamadou Aliou Mbaye, proviseur du lycée de Démette et porte-parole du collectif des villages impactés, toutes les notabilités rejettent le projet. Car, explique-t-il, ni les chefs de village encore moins les imams n’ont été associés à ce projet. « Tous ceux qui étaient à Dodel pour participer à la délibération de ce projet, par le conseil municipal, n’ont jamais eu l’aval des populations de leurs localités. Et, ceux qui détiennent des terres dans la zone, et qui sont habilités à parler au nom des populations n’ont jamais été associés à une quelconque réunion délibérant sur l’octroi de ces dix mille hectares de terres à des privés », a déclaré le porte-parole du jour.

Ce dernier défie le maire de Dodel d’exhiber le prétendu décret signé par Macky Sall. « S’il y a décret, un tel document ne devait pas tarder à être diffusé dans le Journal Officiel. N’étant pas associés à une quelconque rencontre qui concerne ce projet rizicole de dix mille hectares, personne ne touche à une seule portion de nos terres », prévient-il. Avant de rejeter les tentatives du gouvernement de calmer les ardeurs des populations contre le projet à travers la distribution de fournitures scolaires.

Abondant dans le même sens, Aliou Mamadou Sakho, habitant de Sinthiou Dangdé souligne qu’il ne peut pas accepter la mise à l’écart des vrais propriétaires terriens dans la mise en œuvre dudit projet. A l’en croire, l’édile de la localité n’a jamais voulu associer les notabilités de la localité. « Ceux qui ont été choisis pour parler au nom des populations ne représentent rien dans leurs villages », tranche-t-il. Poussant le bouchon plus loin, il s’étonne de ce changement de position de Macky Sall sur l’accaparement des terres dans le pays. «Quand Macky Sall était dans l’opposition, il avait sévèrement critiqué le projet de Fanaye. Il a même dit qu’il n’était pas question d’octroyer une aussi importante assiette foncière à des étrangers», se remémore-t-il. En attendant, les contestataires du projet se disent prêts à faire l’ultime sacrifice pour sauver leurs terres.

Des arrestations en vue, les populations vent debout

On s’achemine vers un mercredi de tous les dangers dans la commune de Ndioum. Les populations des vingt-quatre villages n’ont pas du tout apprécié la convocation à la gendarmerie de Mamadou Sidiki Sakho, notabilité religieuse âgée aujourd’hui de 97 ans. A en croire un des responsables du collectif, cette convocation adressée à une personne aussi âgée n’est pas pour apaiser la tension qui règne déjà dans la zone. « Si ce notable doit répondre à la convocation, il le fera avec toute la population du Fouta », menace-t-il.

Avant de relever que ce vieux ne devait pas être la seule cible des autorités pour être convoqué. Au contraire, pense-t-il, elles auraient pu penser à convoquer tout le monde et non de choisir une personne aussi âgée. Le notable doit répondre à la convocation avec d’autres personnes. « Cette méthode qui consiste à faire peur aux populations n’ébranle personne. Nous allons nous mobiliser fortement le jour J et serons tous ensemble à la brigade de gendarmerie pour défendre notre imam », prévient le porte-parole.

D’après une source proche à l’affaire ayant assisté aux réunions, c’est le même groupe marocain qui construit des logements sur l’ancien site de la gare routière qui devrait bénéficier de ces 10.000 ha. D’après cette source ayant joint Seneleaks, cette spoliation entrainera une disparition de 23 villages de la localité.

Buzzclic.info