Apres le Burundi, L’afrique du Sud quitte la CPI

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De la parole aux actes. Un an après avoir menacé de quitter la Cour pénale internationale (CPI), l’Afrique du Sud a notifié aux Nations Unies son retrait du statut de Rome.

L’information a été officiellement confirmée quelques heures plus tard. Conformément à la procédure, le retrait sera effectif un an après que les Nations unies ont reçu notification du retrait.

L’Afrique du Sud avait déjà défié à plusieurs reprises la Cour. Dernier épisode en date, la visite à Johannesburg en juin 2015 d’Omar el-Béchir, inculpé par la CPI de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide dans le conflit au Darfour. Alors qu’un tribunal de Pretoria interdisait au Soudanais de quitter le territoire sud-africain, Jacob Zuma était passé outre la décision de justice, laissant Omar el-Béchir reprendre son avion.

La polémique n’y avait rien changé. « L’ANC (Congrès national africain, au pouvoir) se réserve le droit de présenter ces réformes et si elles ne sont pas acceptées nous n’aurons pas d’autre choix que de reconsidérer notre adhésion à la CPI », avait affirmé en juin 2015 Obed Bapela, ministre adjoint des Affaires traditionnelles.

L’Afrique et la CPI au bord du divorce 

La décision de l’Afrique du Sud vient s’ajouter à celle du Burundi. Le 18 octobre, Pierre Nkurunziza avait promulgué la loi portant retrait du Burundi du Statut de Rome.

La CPI est confrontée à une fronde grandissante des chefs d’État africains. Accusation de néocolonialisme, mandats d’arrêts contre Omar el-Béchir, procédure contre Uhuru Kenyatta, prédominance d’affaires concernant le continent… La liste des griefs n’a cessé de s’allonger au fil des années.

Lors du 26e sommet de l’Union africaine en janvier dernier, les chefs d’État africains avaient d’ailleurs adopté la proposition kényane d’élaborer « une feuille de route pour un retrait de la CPI » pour les 34 États africains faisant partie de l’organisme, malgré les réserves du Burkina Faso ou de la Côte d’Ivoire.

 

Avant l’Afrique du Sud le régime burundais, qui s’apprête à se retirer de la Cour pénale internationale (CPI) après avoir obtenu l’aval du Sénat et de l’Assemblée nationale, Bujumbura est frustre par les decisions de la CPI depuis les elections contestees  qui ont failli embrase le pays.

Membre de l’instance depuis sa ratification du statut de Rome en 2004, Bujumbura a justifié sa décision en mettant en cause la partialité de la CPI.

« Cette Cour dont le financement est assuré à plus de 70% par l’Union européenne est devenue un instrument de pressions politiques sur les gouvernements des pays pauvres ou un moyen de les déstabiliser », a annoncé le porte-parole du gouvernement, Philippe Nzobonariba, dans un communiqué daté du 6 octobre.

En devenant le premier État à se retirer du traité de Rome, le Burundi lance un signal politique très fort à la CPI, déjà confrontée à une fronde grandissante des chefs d’État africains. Accusation de néocolonialisme, mandats d’arrêts contre Omar el-Béchir, procédure contre Uhuru Kenyatta, prédominance d’affaires concernant le continent… la liste des griefs n’a cessé de s’allonger au fil des années.

Seneleaks